BRM 200 km Grenoble le 20 septembre 2014

A l’origine de cette histoire, il y a notre participation (Danielle et moi-même) au tour de Corse avec l’ACP (Audax Club Parisien), par l’intermédiaire d’amis membres du club. Ce fut une super randonnée cycliste à travers l’île de beauté, et depuis nous sommes membres sympathisants du club. Un petit article du règlement avait attiré mon attention, il stipulait que chaque adhérent devait effectuer dès que possible un BRM 200 km.
Les BRM (Brevets Randonneurs Mondiaux) sont des randonnées cyclistes à allure libre de 200, 300, 400, 600 et 1000 km créées par l’ACP, et organisées par divers clubs en respect du règlement édicté par l’ACP. Ce sont des brevets qui sont obligatoires pour l’inscription à Paris / Brest / Paris.
Voici pourquoi j’avais fait un mail proposant de faire un BRM 200 km organisé à Grenoble le 20 septembre 2014. Patrick, dans l’euphorie de la randonnée des 3 cols à Barcelonnette, avait décidé de se joindre à moi pour cette randonnée. Travaillant dans la même société que l’organisateur de ce BRM grenoblois, je le connaissais et j’ai donc lancé les inscriptions pour nous deux.
Dans la nuit précédant le départ, l’orage s’acharne sur la vallée du Grésivaudan avec de très fortes précipitations. A 5h, l’orage s’est calmé, mais il pleut encore un petit peu. Je me prépare pour y aller, même après avoir reçu à 5h30 un SMS d’abandon de Patrick qui craint le froid et la pluie sur le parcours. Le déroulement de la journée lui donnera tort, mais à cette heure-là, encore dans la nuit, ce n’était vraiment pas gagné.
Je suis à 6h30 sur le lieu du départ (vers Minatec, derrière la gare de Grenoble). On n’y voit pas encore très clair, les participants au brevet arrivent petit à petit. En tout, 80 cyclistes prendront le départ (dont une dizaine avec des vélos couchés).
Je me promène un peu entre les groupes et glane des bribes de conversation :
« Il me faut au moins du 11, sinon je me traîne dans les descentes. »
« Robert, il a fait MGM, il a pris l’avion, et 2 jours après il était au départ de LEL. »
« Il y en a qui veulent rouler fort pour ce BRM. »
« Moi, je suis grand maître. »
« J’ai fait un 1000 km en Auvergne, Ils avaient mis le Pas de Peyrol sur le tracé. »

Un peu plus tard, je comprendrai que LEL c’est Londres / Edimbourg / Londres, et que MGM c’est Madrid / Gijón / Madrid. Et qu’un grand maître n’est pas forcément franc-maçon, mais qu’il a grimpé les quatre faces du Grand Colombier dans la journée. Je repère effectivement quelques maillots Paris / Brest / Paris et Londres / Edimbourg / Londres.
Je me sens alors comme un petit Mickey. Une photo du groupe est faite, et hop le départ est donné. On n’est pas encore arrivé au pont d’Oxford que je suis déjà pratiquement seul, et je le resterai sur les 210 km du parcours.
La randonnée nous a fait passer par les terres froides, l’avant-pays savoyard et les contreforts de la Chartreuse en traversant Vinay, Saint-Etienne de Saint-Geoirs, Le Grand Lemps, La Tour-du-Pin, Morestel, Saint-Genix-sur-Guiers, Novalaise, Aiguebelette, Les Echelles, Saint-Laurent-du-Pont et Voreppe avec une dénivelée totale d’environ 1.900 mètres.
Etant seul, j’ai pu organiser ma progression sur un rythme régulier de 20 km par heure. Heureusement, un contrôle secret, placé par Jean-Philippe Battu (l’organisateur de ce BRM) au kilomètre 80 à proximité du col de Rossatière, a apporté un petit ravitaillement et a remonté le moral pour la suite du parcours.
Le parcours emprunte des routes assez importantes, avec une circulation raisonnable (sauf quelques tronçons vers la Tour-du-Pin ou Saint-Laurent-du-Pont), donc sans difficultés particulières d’orientation. Je me suis juste égaré entre Voreppe et Grenoble, en ne rejoignant pas directement la piste cyclable le long de l’Isère, et en passant le long des travaux du tramway avant Saint-Egrève.
Enfin, un peu après 17h30, je suis de retour à Grenoble, où Jean-Philippe accueille les participants avec encouragements et ravitaillement (boissons, pizza, biscuits).
Fred nous avait mis en garde : « Moi aussi, j'ai commencé par 120 km puis 200 km et là j'ai attrapé le virus des longues distances, une sorte de drogue. Maintenant, dès que je dépasse les 160 km, je ressens une excitation particulière. J’ai essayé les départs de nuit et là aussi j'ai pris beaucoup de plaisir. Alors attention pour vous aussi il y a du danger ». C’est vrai que, vers 150 km aux alentours d’Aiguebelette, avec le lac, je me suis senti bien, mais la montée vers Attignat Oncin m’a un peu calmé. Pour l’instant, je crois que j’ai échappé au virus BRM.
En conclusion, je suis content de l’avoir fait. C’est un aspect du cyclotourisme qui mérite d’être découvert, et je vous invite à tenter l’expérience.

Jean Louis Bailly